Mam'zelle Valière

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Bio et environnement

Fil des billets - Fil des commentaires

vendredi 16 août 2013

De où vient la terre ?

La terre, élément végétal qui sert de substrat, c'est à dire de base matérielle pour les cultures, n'a pas toujours recouvert l'amas de roches de notre planète.

Darwin est l'un des premiers à s'intéresser à cet élément et à sa dynamique, encouragé par un oncle et convaincu par les expérimentations qu'il mènera par la suite. Il mettra en avant le rôle des vers de terre dans le bon équilibre de la terre, ne disposant pas encore du matériel nécessaire pour analyser plus avant.

...le 1er novembre 1837, Darwin présenta devant la Geological Society of London une petite contribution : On the formation of mould (« Sur la formation des sols végétaux ») …

« […] dans lequel il est montré que les petits fragments de marne, de cendres, etc. répandus en couche épaisse sur plusieurs prairies se retrouvent au bout de quelques années à la profondeur de quelques pouces de profondeur, mais tout en gardant le profil de la couche initiale. Ce plongement apparent d'objets superficiels, résulte, comme Mr. Wedgwood de Maer Hall dans le Staffordshire m'en a suggéré au début l'hypothèse, de l'accumulation d'une grande quantité d'une terre très fine, qui est apportée constamment à la surface par les vers sous la forme de leurs excréments cylindriques. Ces excréments sont tôt ou tard étalés à la surface, et recouvrent tout objet resté à la surface du sol. J'ai donc été amené à la déduction que toute la terre végétale du pays est déjà passée de nombreuses fois par les voies digestives des vers, et y passera encore beaucoup6. »

Mais reprenons un peu avant... Après le big bang et l'agglomération des roches qui ont formé notre planète, tout n'était que minéral. L'eau est arrivée et des cellules ont commencé à s'y développer, et produire de l'oxygène. Ce raccourci résume plusieurs centaines de millions d'années.

La vie, d'abord apparue dans les océans il y a plus de 3,5milliards d'années, gagne peu à peu la surface. Des bactéries ont alors commencé à manger les roches, des lichens se sont installés et la terre végétale est née.

Enrichie au travers des âges par des champignons, insectes, microbes, animaux de toutes tailles, feuilles et bois mort, excréments, son volume a peu à peu augmenté et de là est venue la terre arable.

Claude et Lydia Bourguignon, dans le livre Le sol, la terre et les champs, expliquent ces différentes influences de manière très simple :

La macrofaune regroupe les animaux visibles du sol [...], mammifères : les rongeurs creusent de longues galeries permettant à l'eau et à l'air de circuler ; les taupes forment des taupinières et assurent par là un bon mélange des couches de sol, creusent de nombreuses galeries et chassent les vers blancs, larves de hannetons voraces qui entraîne la mort du potager.

La mésofaune, visible également, comprend les invertébrés : crustacés (cloportes), arachnides (araignées et acariens), myriapodes (mille-pattes et iules), insectes, collemboles, protoures, thysanoures, mollusques, vers, nématodes. Ceux-ci se divisent en 3 groupes qui occupent chacun une tache particulière :

  • les épigés vivent et se nourrissent en surface, décomposent la litière et aèrent le sol, transformant les feuilles en dentelle ou les excréments en engrais ;
  • les endogés se nourrissent presque uniquement de racines mortes, permettant à l'air et à l'eau de s'infiltrer, et aux nouvelles racines de pousser ;
  • les anéciques, ou gros vers de terre qui brassent chaque année 300 à 1000 tonnes de terre/hectare via leur tube digestif, évitant le lessivage des sols.

Les micro-organismes, invisibles parce que microscopiques, sont animaux et végétaux, et tout aussi nombreux, sinon plus, et tout aussi actifs : ils mangent la matière organique ou les bactéries, éliminant les corps microbiens en excès et faisant de la place pour assurer le renouvellement des espèces.

Puis vient la micro-flore : champignons, algues, bactéries filamenteuses ou actinomycètes et bactéries :

  • les algues, ayant besoin de soleil, vivent à la surface du sol et se développent sur sol humide, fournissant de la matière organique et fixant l'azote ;
  • les champignons, dont certains ravissent nos papilles, forment des maillages très fins de mycélium et retiennent le sol, appelé stabilité structurale du sol. Ils décomposent également la lignine des plantes, source d'humus ;
  • les actinomycètes sont l'intermédiaire entre bactéries et champignons, d'aspect filamenteux ils sécrètent des antibiotiques et savent effectuer de très nombreuses réactions chimiques : germes thermophiles ils pasteurisent les déchets au compost, minéralisent la matière organique, participent à l'alimentation des plantes et fixent l'azote en symbiose avec certains arbres et arbustes ;
  • les bactéries, par leur extraordinaire variabilité biochimique, transforment toutes les substances du sol et les font entrer dans le monde vivant.

La terre végétale se renouvelle sans cesse et s'enrichit. Résultat du travail de toutes les vies qui la peuplent et la piétinent elle pourrait, si on l'abandonne aux chimistes de Monsanto & Cie et autres déboiseurs-fous, mourir engorgée par trop de polluants, lessivée et érodée, acidifiée...

Chateaubriand disait "La forêt précède les peuples, le désert les suit.", soyons plutôt ceux qui reverdissent le sahara, reverdissent leurs jardins et réapprennent à observer cette terre grouillante de vie de manière pédagogique, scientifique et même (voire surtout) avec les enfants !

Posez la question aux agriculteurs de votre entourage... Peu d'entre eux connaissent la réponse, la chose n'est en effet presque jamais enseignée ou évoquée en lycée agricole...

samedi 27 juillet 2013

C'est l'histoire d'un ver de terre...

Apparus il y a 200millions d'années, mais dans l'eau, ils ont migré vers la terre, vers 100millions d'années, lorsque le sol a commencé à se former, augmentant par leurs dons la création de l'élément terre pour produire nombre de plantes...

En gros, ils naviguent sous la terre, mangeant 20 à 30fois leur volume de terre, puis remontent vers la surface pour déposer leurs excréments et satisfaire aux besoins de reproduction de l'espèce...

Le net regorgeant d'articles tous mieux écrits et illustrés les uns que les autres, ce billet ne sera qu'un condensé de ceux qui m'ont le plus attiré.

Pour la biologie, allez voir ici, l'article de wikipédia est très complet !

Pour l'explication de différents types de vers qui existent (anéciques, endogés ou épigés), un chouette article ici vous en dira plus.

Les vers de terre ont indéniablement contribué à la formation de la terre et, au quotidien, participent à son expansion grâce à leurs turricules, son nettoyage par leurs enzymes et la forte activité microbienne de leur estomac, et favorisent l'aération du sol et le bon écoulement des eaux par leurs tunnels.

Les vers de terre ayant de nombreux prédateurs à l'affût, il serait sympa pour eux que nous ne nous rajoutions pas à la liste par l'emploi de produits chimiques, labour et autres... Alors pour bien vous occuper de ces précieux auxiliaires de jardin, vous trouverez nombre de bonnes indications chez Rustica ou Bioactualités, plate-forme des agriculteurs bio suisses, qui leur a consacré un article très complet.

lundi 22 juillet 2013

Vaccin à l'alu, qui veut un vaccin à l'alu !

Façon plagiste... :-D

Demain, mardi 23 juillet, après une grève de la faim de plus d'un mois menée par des malades de myofasciite à macrophages, victimes de l'aluminium vaccinal, nous allons remettre à la ministre de la Santé Marisol Touraine toutes les signatures récoltées ainsi qu'un appel des élus de la République soutenant nos demandes.

Nous avons atteint 70.000 signatures. Dépassons largement ce chiffre dans les prochaines 24 heures pour renforcer la mobilisation et contraindre la ministre à prendre ses responsabilités. 

Nous devons mobiliser au-delà des personnes concernées ou sensibles à la cause : nous avons donc conçu cette image humoristique pour attirer l'attention de tous. Envoyez-la à vos amis et à vos contacts pour les pousser à signer, et pour qu'eux aussi la diffusent et obtiennent de nouveaux soutiens.

Cliquez ici pour la partager à tous vos amis via Facebook.

Les autorités sanitaires refusent de regarder en face ce qui pourrait bien être le prochain scandale sanitaire. Pour que soit enfin appliqué le principe de précaution, pour qu'enfin la Santé Publique prime sur les intérêts financiers, pour que cessent ces vaccinations empoisonnées, diffusons cette pétition au plus grand nombre !

Merci pour votre soutien

Didier Lambert, Président de l'association E3M

PS: si vous n'êtes pas sur Facebook, vous pouvez faire suivre ce message à vos amis, en leur demandant de signer la pétition ici: 

www.change.org/VaccinSansAluminium

mercredi 29 mai 2013

Et la belle endormie s'éveilla...

C'est juste beau... à lire sur Passeur de sciences :

Découverte de plantes « Hibernatus »

Le réchauffement climatique peut faire le bonheur des chercheurs. C'est du moins ce qu'a dû se dire une équipe de biologistes canadiens emmenée par Catherine La Farge (université de l'Alberta) aux abords du glacier Teardrop, lequel se situe sur l'île d'Ellesmere, dans l'Arctique, non loin du Groenland et à quelques centaines de kilomètres du pôle Nord. Comme la plupart de ses congénères de la région, le glacier Teardrop (photo ci-contre) bat en retraite depuis plusieurs décennies en raison du réchauffement climatique qui se fait particulièrement sentir dans l'Arctique. Son recul est même en phase d'accélération : de 1,6 mètre par an dans les années 1960, il est passé à 3,2 m/an aux alentours de 2004 et à 4,1 m/an depuis 2007. Telle une immense limace blanche, la langue de glace se retire. Son maximum datait du Petit Age glaciaire, période froide qui a duré de la fin du Moyen-Age jusqu'au milieu du XIXe siècle. Depuis, le glacier a reculé de 200 mètres et l'espace libéré devient le terrain de jeu des scientifiques qui s'interrogent sur la manière dont la végétation va le recoloniser.

On se dit a priori que la vie végétale va reconquérir le territoire grâce aux graines que le hasard y sèmera et c'est ce que pensaient Catherine La Farge et ses collègues. Mais, en se promenant le long du glacier, ils ont aussi remarqué qu'en fondant, la masse de glace avait rendu à l'air libre des plantes qu'elle avait recouvertes durant des siècles. A vrai dire, ces restes avaient toutes les apparences de cadavres végétaux, complètement noircis, asséchés, racornis (voir photo ci-contre). Selon l'étude que ces chercheurs viennent de publier, mardi 28 mai, dans les Proceedings de l'Académie des sciences américaine, il est couramment admis dans le monde de la botanique que ces plantes exhumées sont mortes. Cependant, comme l'a raconté à la BBC Catherine La Farge, certains de ces spécimens à l'air calciné "semblaient avoir une touche verdâtre".

"Quand nous avons regardé [ces mousses] de près et que nous les avons rapportées au labo, poursuit la chercheuse canadienne, j'ai pu voir que, sur certaines, il y avait de nouvelles branches latérales en train de pousser. Je me suis dit que ces petits gars étaient en train de se régénérer sur le terrain et ça m'a clouée sur place." Quelque chose qui n'était pas censé arriver se produisait. A l'instar du personnage du film Hibernatus ou de celui, moins connu, de L'Homme à l'oreille cassée, roman de science-fiction d'Edmond About, qui se réveillent tous deux après avoir été "cryogénisés" de manière accidentelle, ces organismes qui avaient passé des siècles dans les glaces revenaient à la vie. Encore fallait-il s'assurer qu'ils étaient réellement aussi vieux qu'on le croyait. Trois échantillons ont été soumis à la datation au carbone 14. Résultat : un âge compris entre 404 et 614 ans. Ces plantes avaient donc bien vu le jour avant que le Petit Age glaciaire ne provoque l'avancée du glacier Teardrop.

Comme on peut le voir sur la photo ci-dessus, dans leur laboratoire, les chercheurs canadiens sont parvenus à faire repousser des spécimens appartenant à quatre espèces différentes de bryophytes, une famille de plantes considérées comme ayant conservé des traits archaïques. Contrairement aux plantes vasculaires, ces mousses et ces hépatiques n'ont pas de véritables racines ni de système pour transporter la sève. Mais ces organismes ont exploré d'autres voies de l'évolution et l'une d'entre elles explique leur fantastique résilience : les bryophytes sont des adeptes du clonage. Elles possèdent des cellules qui sont capables d'abandonner leur spécialité (les chercheurs disent qu'elles se "dédifférencient") et de revenir à un état à partir duquel un organisme entier va pouvoir être reprogrammé et reformé. Une sorte d'équivalent végétal des cellules souches dont on parle tant chez les humains et le reste du règne animal.

Il a donc suffi que, dans cette hibernation forcée de plusieurs siècles sous le glacier, quelques cellules aient survécu aux brûlures du gel, à l'absence de lumière et au passage du temps pour que la plante soit capable de redémarrer sa machinerie vitale. Ne pas disposer de système vasculaire constitue en fait un "plus" dans ce cas de figure : incapables de contrôler leur teneur en eau, les bryophytes sont "habituées" à mettre leurs cellules en sommeil en cas de dessèchement et à se réveiller dès que les conditions redeviennent favorables. Cela explique pourquoi ces plantes survivent dans l'environnement extrême que constitue l'hiver polaire, mais de là à imaginer qu'elles seraient capables de résister pendant des siècles, il y avait une grande marge. Pour Catherine La Farge, avec le réchauffement climatique qui fait reculer les glaciers et ramollit le pergélisol, c'est tout un territoire qui est restitué au vivant, un réservoir génétique inexploré qui s'ouvre aux chercheurs, "un nouveau monde qui émerge".

Pierre Barthélémy (suivez-moi ici sur Twitter ou bien là sur Facebook)

Post-scriptum : puisqu'on est dans le sujet, je signale le colloque "Arctique : les grands enjeux scientifiques", qui se tiendra à Paris du 3 au 6 juin, au Collège de France et à l'Institut océanographique.

jeudi 23 mai 2013

Halte ! Terres natives...

Une belle initiative, relayée par Terre de Liens Nord-Pas-de-Calais, qui montre le Nord, et la vie, sous d'autres angles...

Halte ! Terres Natives n° 1 - Se Nourrir Autrement from Camille Graule on Vimeo.

À suivre...

mardi 21 mai 2013

Reverdir le désert, avec presque rien

Un chouette reportage est diffusé sur France5 au moment où je vous parle, et m'a rappelé une grande dame qui reçut le prix Nobel de la paix en 2004.


Yacouba Sawadogo (Clément Goutelle)

Imaginez un homme qui ne sait ni lire ni écrire, fils de paysans, dont on attend pas grand chose. Cet commerçant, à qui le chef religieux avait annoncé qu'il devrait un jour revenir à la terre lorsqu'il était plus jeune, eut en 1974, durant une forte sécheresse, l'idée de planter des arbres là où s'étendait le désert.

"Pour arrêter l’avancée du désert, planter des arbres lui est apparu comme une évidence. Armé de courage, de passion, de patience et de beaucoup d’espoir, il laissera sa moto de côté pour un retour à la terre, sans concessions. 

«  Pendant trois ans, j’ai parcouru à pied le désert autour de Gouga en essayant toutes les techniques possibles pour faire pousser quelque chose. Il n’y avait pas d’eau, pas d’herbe sèche, mais j’avais la certitude que ça allait marcher. » 

Là où les ONG et des millions d’investissements ont été engloutis par le sable, Yacouba va, au bout de trois ans, voir ses premiers arbres sortir de terre. Il venait de mettre au point le Zaï. A l’ombre d’un arbre, il confie son secret :

« J’ai contourné les pratiques ancestrales. Je fais un trou, je dépose le fumier et mets les semis en même temps. Les termites creusent des galeries profondes qui permettent une longue conservation de l’eau. »

Et, aux premières pluies, la magie opère.
[...]

L’époque où on évitait Yacouba «  le fou  » est révolue, on congratule maintenant «  l’homme qui a arrêté le désert  »  : « Les gens m’acclament comme un sauveur  », déclare-t-il, tout sourire.

Sa forêt s’étend actuellement sur 30 hectares. Et, il ne compte pas s’arrêter là :

« J’ai pour objectif d’atteindre les 100 hectares d’ici 2017, mais le maire ralentit l’extension. Il donne des permis de construire dans ma forêt. »

Car officiellement, rien n’est à Yacouba. A l’annonce de cette nouvelle, le docteur Jérôme Compaoré, ingénieur spécialiste en agriculture, député et directeur de cabinet de l’ancien premier ministre burkinabè Titus Zongo, s’insurge  :

«  Il nécessite plus d’attention de la part des dirigeants. On ne devrait pas lui mettre de bâtons dans les roues, seulement le soutenir et l’aider. C’est vraiment extraordinaire ce qu’il fait. Il a besoin d’être accompagné, car c’est un travail d’intérêt national. Il a pris un risque énorme pour lui et sa famille. Il a affronté la nature et réussi quelque chose de génial. Je vais faire en sorte d’alerter les autorités compétentes. » " Rue89

Le documentaire de Mark Dodd est visible sur le replay de France Télé mais aussi sur Blip.tv, à cette adresse.

Mais pourquoi parle-t-on tant de lui en ce moment ? Parce que les politiques, la ville et d'autres ont décidé de construire des lotissements sur ces terres gagnées contre le désert. Des bornes ont été posées, séparant en deux sa maison, la tombe de son père... Il est donc allé jusqu'aux États-Unis pour défendre sa terre, son droit à la vie, le travail de dizaines d'années, et faire reconnaître l'incroyable avancée et les savoirs engendrés.

Les Nations Unies ont été impressionnées par tout ce travail, et chacun de nous, en relayant cette information, peut agir contre les corrompus qui souhaiteraient raser la forêt pour construire toujours plus et continuer l'expansion urbaine irraisonnée.

De fait, les autorités ont renoncé à leur projet sur ses terres. Il peut continuer à enseigner ses pratiques. Et aller sur la tombe de son père pour lui raconter la beauté de sa forêt...

Cela m'a rappelé une belle histoire qui m'avait émue il y a presque 10ans : celle de Wangari Muta Maathai, biologiste kényane et professeur d'anatomie en médecine vétérinaire.

Fille de fermier, elle avait pu poursuivre des études grâce à l' esprit ouvert de ses parents. Première femme à obtenir une licence en biologie au Kenya en 1964, elle avait pu voyager, ouvrir encore un peu plus son esprit, et confronter ses idées face au monde et aux autres.

En 1977, elle créa La Ceinture verte et ne cessa depuis de planter des arbres, et d'encourager les femmes à plus de liberté, d'autonomie et de dignité, elle qui fut emprisonnée pour avoir dénoncé le juge qui, pour son divorce, déclara que son mari avait été incapable de la maîtriser, la ravalant au rang de bête indomptable.

Fière et généreuse, elle s'est éteinte à l'automne 2011, laissant sa Ceinture verte en cours de plantation, le bilan devant se faire en 2015. Elle était la voix des forêts, elle restera l'inspiration des femmes d'Afrique, et peut-être d'ailleurs...

dimanche 19 mai 2013

Dragonflies

No comments

Fête de l'abeille

Parce que les abeilles sont parmi les insectes les plus utiles à l'homme, venez fêter cette infatigable travailleuse, pourvoyeuse de tant de bienfaits !!!

Pourquoi des journées nationales de l'abeille ?
APIdays est un rendez-vous annuel autour des ruchers partenaires "Abeille, sentinelle de l'environnement" et des apiculteurs. Ces journées nationales sont une nouvelle opportunité pour les apiculteurs de militer, d’informer et de sensibiliser les pouvoirs publics, les médias et l’ensemble de la population à la prise de mesures concrètes pour la protection de l’abeille et le développement de l’apiculture française.

Qui peut participer ?
Ces animations sont ouvertes à tous et sont gratuites. Cependant c'est le partenaire qui construit son programme personnalisé et peut proposer certaines animations réservées par exemple aux scolaires ou à des agents internes.

Où et comment trouver des animations ?
Dans plus de 60 lieux en France. Le programme des animations est disponible vers le mois de mai. Pour connaitre le détail de votre ville, Il faut cliquer sur la carte google où chaque Abeille représente un lieu. Une carte spécifique à la Région Parisienne est également disponible.

Visitez le site des sentinelles, signez la pétition pour de meilleures pratiques, aidez les enfants à découvrir ce merveilleux monde des apoidea... et, si vous faites partie d'une entreprise que vous souhaitez engagez, aller voir ici pour avoir quelques idées.

Et sinon, il y a toujours cette très belle initiative : parrainer une ruche, où votre action vous rapportera quelques pots de miel, voir beaucoup si votre entreprise parraine l'intégralité d'une ruche !

jeudi 16 mai 2013

La chèvrerie de l'oiseau perdu

J'ai récemment découvert une ferme vraiment chouette sur Merville : la chèvrerie de l'oiseau perdu.

Depuis une quinzaine d'années, Lucille régale les gourmands avec des fromages de chèvre, de la tome et du beurre délicieux !!! Issu de vaches Jerseyses, le beurre est d'un jaune franc, fort, et réellement goûteux !!! Cette vache est appelée vache-chèvre, ou vache à beurre, deux très bonnes raisons qui l'ont fait choisir par Lucille, passionnée par ses chèvres, dont le fromage frais est très doux, fondant, avec ce petit quelque chose en plus qui le rend... tellement bon !!!

En bio depuis quelques années, Lucille réalise régulièrement des accueils pédagogiques d'enfants ou d'adultes afin de partager ses passions et permettre aux autres de découvrir son métier et le milieu dans lequel elle évolue.

Avec d'autres, elle crée l'association Bio Gardins, pour promouvoir le jardin au naturel et participer à la sauvegarde de la biodiversité. Régulièrement, ils organisent des sorties nature afin de sensibiliser les curieux aux particularités du coin. 

l'association Bio gardins n'a pas prétention de tout connaitre, mais nous aimons à montrer qu'il suffit souvent d'ouvrir les yeux pour s'émerveiller ! et que comprendre un peu mieux le monde est aussi simple que d'ouvrir les yeux.

regardons autour de nous, soyons humble et tentons de comprendre comment la nature fait pour s'étendre, prospérer.

Tout un programme ! Alors n'hésitez pas : venez, visitez, goûtez !

dimanche 5 mai 2013

Green Guerilla & Incroyables comestibles

Voici 2 très belles initiatives, à partager absolument : faites pousser !!!

Commençons par vous présenter Green Guerilla, opération relayée par Arte :

En 2010, l'humanité a basculé dans une nouvelle ère : elle est devenue majoritairement urbaine. La Terre entière change de physionomie pour devenir une sorte de ville-planète.
Les guérilleros sont des francs-tireurs, des électrons libres, ils ont décidé d'enfreindre des règles et d'éviter la normalité du pire. Sans forcément prendre les armes, les Green Guérilleros reprennent le terrain.
L'ambition globale de Green Guerilla est donc de réveiller les consciences non pas écologiques, mais d'un mieux vivre communautaire en ville et inciter les gens à reconquérir leur espace urbain.

S'appuyant sur le découpage géographique de la série Naturopolis (New York, Tokyo, Paris, Rio), une carte interactive présente des figures de la green guérilla, leur action au quotidien et leurs motivations.
Vous voulez réaliser des tags en mousse, créer un jardin communautaire ou fabriquer des bombes à graines ? Des tutoriels vidéo vous donnent tous les trucs à savoir !
Une fois votre fait d'arme accompli, prenez le en photo ou filmez-le, et inscrivez votre action sur la carte interactive. Vous officialiserez ainsi votre statut de green guérillero, et deviendrez partie prenante de ce mouvement global...

Chouette programme non ? La plateforme offre divers témoignages d'agriculteurs urbains qui offre un peu de vert, et d'alimentation, dans des bacs ou petits bouts de terre en ville ou devant leur habitation, des guerilleros qui, avec leurs bombes à graines revégétalisent des zones abandonnées, d'artistes de rue qui redécorent les mus avec de la mousse, de citoyens éclairés qui investissent des terrains délaissés pour leur ramener un peu de vie, notamment par les cultures, aménagements et composts partagés, d'hommes de la nature qui souhaitent verdir, à leur mesure, les rues bétonnées... à Paris, New-York, Rio de Janeiro, Tokyo...

Des tutoriels simples illustrent les reportages et aideront les curieux à continuer la lutte, une carte du monde recense les différentes actions revendiquées par ces jardineurs un brin décalés, et une liste d'associations utiles aux futurs végétaliseurs. Alors lancez-vous et postez films et photos dans les commentaires et sur le site de Green Guerilla !

Les Incroyables Comestibles sont l'un des partenaires de Green Guerilla, et plus dans mon domaine : l'alimentation.

La méthode est très simple, en 5 étapes  : on plante partout où on peut et ajoute un écriteau disponible sur site qui indique à tous ce que l'on y fait ( ou celui-ci ou celui-là), on arrose et on partage, on prend la photo de la pancarte de la commune et on poste le tout sur le site !

Originaire de Todmorden, cette idée parcourt maintenant les blogs, sites et émissions du monde entier, les rédacteurs de tous bord étant émerveillés par cette idée simple, et des groupes Incredible Edible fleurissent dans de nombreuses villes, anglais tout d'abord mais aussi en France, en Europe, au Canada, ...

Bref, vous l'aurez compris, l'être humain ne saurait vivre trop longtemps loin de la terre, des plantes et surtout loin des autres. Alors osez ! Regroupez-vous, renseignez-vous, plantez, et partagez !!! et revenez nous donner des nouvelles de vos bacs, fissures dans les murs et autres bords des routes...

mercredi 10 avril 2013

Confectionner ses produits d'entretien et cosmétiques soi-même

La ville de Merville avait organisé, durant toute la Semaine du Développement durable, nombre d'activités toutes plus sympas les unes que les autres : Intervention de Albert Jacquart, sortie nature, atelier découverte des sciences participatives, sensibilisation à la création de projets responsables et durables par la BGE, marché bio avec apiculteur, maraîchers et éleveurs de volailles, exposition de Lestrem Nature et invitation aux jardiniers et curieux de mieux regarder la nature, et un atelier pour sensibiliser les gens à la préparation de ses propres produits d'entretien.

Animé par Sophie, de Sophie au naturel, cet atelier était un chouette moment de découverte, de partage et d'échange ! Maman depuis quelques années qui s'interrogeait sur les bienfaits des produits vendus dans le commerce et l'innocuité, ou pas, des-dits produits lorsque le petit rampait sur un sol fraîchement lavé, elle a dû également faire face à la maladie d'un proche qu'on lui disait vraisemblablement causée, du moins en partie, par la vie, ce qui est consommé et produit... Elle s'interrogeait !

De ces interrogations lui sont venues l'envie de faire autrement, consommer différemment, et de façon plus saine, qui s'avérera aussi plus économique. Elle a alors, entre autres, confectionné elle-même ses produits d'entretien, puis ses cosmétiques.

Ce samedi 6 avril, l'atelier concernait les produits d'entretien (le 15 mai, on abordera les cosmétiques). Un rapide tour de table montra que nous avions tous une curiosité pour l'aspect environnemental comme pour le financier. De quoi a-t-on besoin au fond ? d'un produit pour chaque pièce, chaque tache, chaque type de bois ou de tissus, ou de quelques produits dont on fera des mélanges divers ? Avec du savon noir (10€/L environ, un litre pour 8mois pour une célibataire), du bicarbonate de soude technique (environ 6€/kg, pour une année pour une célibataire), du vinaigre blanc (0,30€/L, un et demi par mois pour une célibataire), et un peu de gomme (à acheter sur Aroma zone ou Meilleur du chef par exemple).

Après nous avoir vanté les mérites de ces produits et expliqué les modes de fonctionnements et actions, et cité quelques livres et autres sites internet qu'elle affectionne, nous avons, par groupe de deux, préparé une solution multi-usage et une brume pour oreiller. Très marrant à concevoir et un chouette moment passé avec sa voisine (ou son voisin, les hommes étant présents, et actifs, ce jour-là !).

Je vous conseille la lecture de son blog pour en apprendre plus et découvrir plein d'autres produits et cosmétiques à confectionner vous-même ! Moi, je vais me lancer dans un gommage de cuir chevelu dès ce soir...

"Résultat :
Une fois le cuir chevelu oxygéné, les racines se "décollent": les cheveux retrouvent plus de volume, de peps. Débarrassé de ses impuretés, le cuir chevelu devient plus réceptif aux soins."  Mmmh !!!

samedi 2 février 2013

Les annuaires

Agence bio

Un bon repère à travers la multitude d'offres présentes sur le net : LE annuaire officiel des professionnels de la bio, pour les marchés, magasins spécialisés, primeurs, mais pas que ;
Il n'est pas exhaustif, et les descriptifs sont parfois incomplets, mais ça reste une bonne base.

Intelligence verte

Une association avant d'être un annuaire, une démarche globale et cohérente, et des initiatives originales.

Mon panier bio

Très spécialisé, ce site tout entier consacré aux paniers de fruits et légumes bio répond en tous cas à une demande croissante, de la part des citadins notamment, et facilitera vos recherches.

Cyber @cteurs

De manière générale, un citoyen est une personne qui relève de l'autorité et de la protection d'un État et par suite jouit de droits civiques et a des devoirs envers cet État. Chaque citoyen exerce à sa façon la citoyenneté telle qu'elle est établie par les lois et intégrée dans l'ensemble des mœurs de la société à laquelle il appartient.Wikipédia

Je suis une citoyenne, inquiète du réchauffement climatique, de la disparition massive d'espèces animales et végétales, de la prolifération des armes, de la propagation de la pollution, de l'augmentation des cas d'allergies, des pandémies qui gangrènent les populations, ...

Je suis une citoyenne et j'ai décidé depuis quelques années d'user pleinement de mes droits. Et d'en accepter les devoirs : j'agis au quotidien en consommant autrement, en m'informant et en concevant un projet professionnel différent.
L'une de mes sources d'information est Cyber @cteurs. Ce site propose, en plus d'une information pertinente, un moyen d'action pacifiste mais éprouvé : l'expression.
Cyber @acteurs propose d'envoyer aux décideurs politiques et économiques un mail pour exprimer une opinion sur un sujet concernant la protection et la préservation de l'environnement, les droits de l'être humain, de la paix et de la solidarité internationale, en fonction de l'actualité ou des urgences.

Comment ça marche ?
Les actualités sont présentées sur le site et par newsletter, et comprennent :

  • une information claire et argumentée
  • les possibilités d'agir
  • un texte qui exprime l'objection (pour les gens pressés ou en panne d'inspiration, perso j'apprécie d'autant qu'ils sont pertinents, concis et étayés)
  • les adresses mail où adresser les protestations.
Après, c'est à chacun d'agir selon son envie : pétition et courrier de protestations sont signables en ligne sur le site, depuis le mail de newsletter ou en solo depuis sa boîte mail avec un texte tout à soi.

L'adhésion au réseau et gratuite et libre, résiliable à tout moment. Aucune fréquence d'action ou de signature n'est imposée, il ne s'agit que d'un média qui a fait le pari "de croire qu'il existe en France et dans le monde des milliers de citoyens qui souhaitent exercer activement leur citoyenneté et promouvoir une autre approche de la démocratie, de l'économie et de la solidarité entre les peuples et les êtres humains."

Et pour le dernier mail de la saison, en attendant la rentrée, leur clin d'oeil.

L'agroforesterie

C'est un système agricole visant à reproduire les performances d'une forêt avec des plantes comestibles, aussi appelé Jardin-forêt.

Ekopédia la définit comme mettant en valeur les interactions bénéfiques de ces différentes productions et permettant une augmentation des rendements totaux par unité de surface (malgré parfois une perte de productivité par production). Outre des bénéfices d'ordre économique, l'agroforesterie permet de réintroduire de la diversité dans certains systèmes de monoculture et joue ainsi en faveur de la biodiversité à l'échelle du territoire.» .

Vous n'y croyez pas ? Dans son documentaire Les arbres, ces grands malades, Jan Kerckhoff a constaté que les forêts européennes sont malades, affaiblies. Après les pluies acides et les tempètes, ce sont maintenant les insectes et champignons qui passent à l'attaque. Un arbre sur deux mourra dans des délais brefs.

Des chercheurs de plusieurs pays, dont Christian Dupraz, botaniste à l'INRA de Montpellier, étudient l'agroforesterie comme palliatif à ces ravages. Ils ont observé une parcelle en agroforesterie, avec notamment du peuplier et des céréales, et une parcelle laissée en jachère, avec peupliers.

En 12ans, les peupliers du champ agroforestier atteignent 30m, tandis qu'ils sont notablement plus petits du côté jachère, pourtant plantés au même moment. Pour contourner les racines des plantes céréalières, celles des arbres plongent plus profondément en terre, jusqu'à des strates plus riches en eau, ce qui leur permet une croissance continue, malgré les sécheresses d'été : comme l'arbre ne souffre pas du manque d'eau, il continue sa croissance aussi l'été, d'où une belle taille en peu de temps.

Les scientifiques préconisent 100arbres/hectare pour laisser à chacun la place de bien se développer et ne pas étouffer les céréales sous une ombre trop dense, la luminosité ayant été vérifiée grâce à une lentille spéciale qui a indiqué que l'ombrage est négligeable, contrairement aux inquiétudes des agriculteurs.

Le champ et les arbres se ravitaillent mutuellement en substances nutritives, les arbres pouvant même ingérer les excédents d'engrais pour leur propre croissance.

Et grâce au bois ramassé, le gain des champs est en hausse de 60%, ce qui est non-négligeable.

Pour les curieux, le doc est à voir ici et l'extrait est ici à 7min30.

Cendres

Certaines plantes ne seront pas compostables : résineux, fougères, prêles, feuilles et branches de noyer qui dégagent un poison, feuilles atteintes de maladies qui se propageraient dans le compost, voire y gagneraient de la force, certaines plantes retirées trop tard et qui auraient développé des graines qu'on ne souhaite plus voir pousser, … Elles seront donc brûlées, le plus rapidement possible. Riches en calcium et phosphore (qui stimule la croissance racinaire), elles contiennent aussi de la potasse et du magnésium (qui aident au développement des fruits et fleurs).

«Faites-en profiter les rosiers, les plates-bandes de bulbes, d’arbres fruitiers ou de vivaces (comme les hellébores), mais évitez les camélias, azalées, ou encore les plantes de terre de bruyère.» Stéphane Marie, in Silence, ça pousse !

Par exemple, la cendre de genêt est très riches en potasse et phosphore, celle de fougères est très riche en potasse, celles de chêne et de bruyère sont, par contre, assez faibles.

Utilisation : les cendres fraîches ont le même effet que la chaux et désherbent en brûlant les plantes ; reposées, soit après 3mois minima, elles feront un très bon engrais :

  • Répandue au sol par poignées, puis passage de la griffe pour lui faire pénétrer le sol.
  • 1kg de cendres dans 5l d'eau pour faire un «lait» de cendres et arroser.
  • En boue lisse, à badigeonner sur le tronc des fruitiers contre les maladies et ravageurs, à renouveler après la pluie.
  • A n'importe quel moment : contre les limaces & escargots, à renouveler après la pluie (20 à 50cm de large).

Une mare... et pas que pour les canards !

Une mare, un étang, un ruisseau ou une pièce de récupération des eaux peut être un précieux outil pour un jardinier avisé. Suivez le guide...

Une pièce d'eau peut produire jusqu'à 10fois la quantité de protéines, sous forme de poissons, qu'une même surface pâturée par du bétail... ça laisse rêveur ! Encore faut-il savoir s'y prendre, aménager les abords, prévoir des espaces où les poissons pourront se cacher des prédateurs volants, ou capturer des mouches, planter une végétation qui apportera les insectes nécessaires à leur alimentation, varier les différentes espèces de poisson afin de mieux profiter du système : plancton, végétation, petits animaux & boues du fond de la mare, y apporter du purin, par la présence au dessus de la mare d'une étable ou poulailler augmentera d'autant la productivité...

"Les bords pourront être plantés pour enrichir l'espace (feuilles d'arbres tombant en automne ou vers tombant lors de la pluie) ou cultivées (roseaux, jonc des chaisières, guimauve, etc...)." in Graines de permaculture, P. Whitefield.

Et si ce n'est pour l'acquaculture, qui demande des espaces assez grands, la pièce d'eau servira à abreuver les animaux, en abriter certains (crapaud), cultiver certaines plantes, nourrir le cultivateur (ou ses chats), produire de l'énergie...

Verdage ou engrais verts

Les engrais verts sont bien meilleurs, et avantageux, que les composés chimiques vendus dans le commerce :

  • Quantitativement, les plantes se nourrissent pour 90% dans l'atmosphère : carbone, oxygène, hydrogène, azote.
  • Mais qualitativement, elles prennent les 10% restant dans la terre, 30 substances parmi lesquelles on trouve potassium, calcium, magnésium, phosphore, soufre, chlore, fer, bore, manganèse, cuivre, zinc, molybdène, vitaux ; et lithium, sodium, rubidium, césium, fluor, silicium, sélénium, cobalt, iode, strontium, baryum, aluminium, vanadium, étain, nickel, chrome, béryllium et brome, accessoires.

Il y a donc plus que le N-P-K...

«En gérant la fertilité globale du champ le paysan s'assure d'une productivité qualitative […] produisant des aliments goûteux et en respectant l'environnement.» dixit Claude et Lydia Bourguignon in Le sol, la terre et les champs

Ainsi, semer des lupins, fèves, vesces ou trèfles nourrira le sol et les animaux :

  • Les plantes, par leur croissance et la place qu'elles occupent, éviteront la pousse d'adventices et la présence d'insectes nuisibles (pouvoir allélopathique ou sorte de médecine propre aux plantes).
  • Les racines labourent la terre et permettent à l'eau de s'écouler jusqu'à la nappe phréatique. Laissées dans le sol après récolte, elles favorisent et nourrissent les microbes.
  • Les bactéries qui vivent sur les racines intègrent l'azote, indispensable en Europe et nécessaire à une bonne productivité.
  • Lorsque la plante est mûre, elle nourrira d'abord les volailles, qui iront en promenade libre, puis les ruminants après fauchage ou en promenade libre.
  • Couchées par passage de rouleau ou enterrées, jeunes, elles retourneront à la terre les différents éléments qui la constituent et qu'elles avaient exportées, dynamisant les vers-bactéries-champignons. On appelle cette technique le verdage.

Ne nécessitant pas de temps de compostage, ni d'infusion ou décoction, ni même de feu, c'est le procédé le plus simple pour intégrer des engrais aux cultures. On pourra également agrandir la liste des plantes en lui intégrant, par exemple, les orties, très riches en sels minéraux et oligo-éléments.

Le(s) compost(s)

Wikipédia le définit comme un procédé biologique de conversion et de valorisation des matières organiques en produit stabilisé, hygiénique et semblable à un terreau, riche en composés humiques.

Un peu compliqué pour vous ? Concrètement, ce sont les déchets de cuisine et de repas, marc de café, herbes arrachées (mauvaises herbes et déchets de culture), paillages de l'année précédente, branches fines issues de la taille et feuilles tombées, mis en tas ou dans un composteur, arrosés, qui vont fermenter doucement.

La fermentation entraine une chaleur qui va tuer les graines, germes et autres du genre pour stériliser l'ensemble. Il sera nécessaire de remuer le compost plusieurs fois afin de mélanger les éléments, qu'ils fermentent bien partout.

Après un temps de repos, les matières organiques auront été en partie décomposées, ne resteront plus alors que les éléments nutritifs à la bonne odeur de sous-bois qui enrichiront la terre et apporteront aux plantes les nutriments dont elles ont besoin.

L'achillée, la consoude, la fougère aigle et l'ortie aideront le compost à se faire, surtout si, auparavant, vous les préparez en décoctions. Par contre, les autres fougères, les résineux et les prêles lui seront toxiques et produiront un terreau toxique !

Vous pourrez le faire dans votre jardin, entre 4 palettes, dans un trou ou dans un composteur acheté dans le commerce. Il en existe même de petite taille à placer dans la cuisine ou sur le balcon.

Mis à part le compost domestique, on peut également faire du compost de fumier. Pour ceux qui élèvent des pigeons, poules, lapins et autres moutons, il est également possible de réaliser un compost fait de leurs fumiers et déchets d'abattage (ceux qui souffrent de la présence de trop nombreux animaux sauvages, oiseaux ou autres, pourront ainsi prendre leur revanche en faisant de leurs déjections envahissantes un engrais à peu de frais). Il s'agira de mettre en tas les déjections et déchets de vos animaux, soit en un tas, soit en les répartissant selon l'espèce afin de choisir l'engrais le mieux adapté. Le(s) tas devront être placé suffisamment loin de l'habitation et des enclos pour ne pas être agacé par les mouches ou les odeurs.

Là aussi, il faudra les mélanger régulièrement afin que la fermentation soit bien réalisée et que les germes, bactéries, microbes et autres soient détruits. Et éviter E. coli ! Il sera prêt quand il dégagera une délicieuse odeur de sous-bois.

Une terre pauvre et sablonneuse demandera un fumier de ruminant, une terre humide et lourde préfèrera celui des poules. Les fientes de pigeons sont meilleures que celles des poules, le fumier de lapin est d'excellente qualité et le meilleur de tous est celui de mouton.

Enfin, si vous n'avez ni la place, ni le temps, ni le goût de réaliser votre compost vous-même, vous pourrez soit l'acheter, soit en demander à votre mairie qui en distribue parfois.

Quand la FAO...

En recherchant je-ne-sais-plus-quoi sur le net, j'ai trouvé un document de la FAO traitant de l'élevage et des soins à apporter aux animaux de ferme, plus précisément adressé aux agents vétérinaires communautaires (AVC).

Dans certaines régions du monde où l'éducation est souvent incomplète, ou d'autres qui sont isolées par le relief, des référents auront de nombreuses connaissances dans l'élevage et les soins et seront désignés AVC, intermédiaires entre les fermiers et les autorités. Ils sont formés pour accomplir de nombreux soins, savent gérer les médicaments mais surtout observent et aident les propriétaires à mieux prendre soin de leurs animaux, afin de prévenir les risques, ce qui est toujours moins cher et contraignant, et permet aussi une plus grande productivité. 

Soins des sabots et peste, différents nœuds pour attacher sans blesser, formes des enclos, vaccins et optimisation des  rendements, autant de choses qu'un AVC aura appris et qu'il pourra transmettre, car du bien-être des animaux dépend le bien-être des hommes.

Pour tous ceux qui souhaitent élever sans devoir étudier, qui pensent qu'un grand soin doit être apporté au logement, à la nourriture et à l'hygiène des bêtes, mais qui ont peu de moyens, ce document apportera une foultitude d'informations très utiles !

Du Maroc ou d'Ethiopie, du Vietnam ou du Chili, de la Laponie ou de France, vous apprendrez beaucoup en lisant ce texte.

BRF et autre mulch

"La nouvelle mode au jardin, c'est d'ajouter des trucs sur la terre, les magasins proposent plein de paillis de toutes les couleurs, c'est vraiment maucheux !"

Ahem...

Avant que les faiseurs-défaiseurs de mode aient la mauvaise idée de colorer des bois concassés, il y avait la paille, les écorces de fèves de cacao, coques de sarrasin, broyat d'orties, tontes de gazon, feuilles mortes, sciure, paillette de lin, ... Le tout beaucoup moins cher, voire gratuit... Pour ceux qui seraient dans une région propice, des cailloux de pierre volcanique seront aussi très appropriés : bonne rétention d'eau et bourrés de minéraux ; les coquillages auront aussi un bel effet, à condition d'avoir été dessalés auparavant.

En fait, le mulch est une technique de couverture de sol permettant de réguler la température du sol, réduire la pousse d'herbes indésirables, ralentir l'évaporation d'eau et donc les arrosages, garder le sol meuble et plein de vie, enrichi en nutriments, entre autres... cf Wikipédia.

C'est donc bien plus qu'une simple couverture ! 

En plus de ces mulch, on peut aussi mettre du BRF : bois raméal fragmenté, des branches, de moins de 7cm, d'arbres non résineux, broyées en petits morceaux et déposées sur le sol. Contenant, entre autre, de la lignine qui crée un riche humus d'excellente qualité grâce au mycellium. cf Ekopédia.

Quel que soit le mulch ou BRF que vous choisirez, votre terre sera plus riche et plus meuble, les plantes seront mieux nourries, les arbres et les cultures protégés.

Concrètement :
  • Paillez dès qu'il y a de la terre nue, été comme hiver.
  • Si vous semez, attendez que les plants aient poussé afin de ne pas les écraser (quand vous semez à la volée), ou étalez le mulch autour de l'endroit semé (quand vous semez une graine à la fois à bonne distance des autres).
  • 10cm de mulch protège, 20cm empêche toute nouvelle poussée.
  • les pomme de terre, germées, pourront être déposées sous 10/15cm de paille, arrosées et laissées tranquilles jusqu'à la récolte, ou presque. Lorsqu'elles seront prêtes à être récoltées, pousser la paille sans l'enlever : toutes ne sont pas mûres au même moment et les autres auront ainsi le temps nécessaire.
  • une à deux fois par an, on dérange, ratisse ou dépose au fumier pour en mettre un nouveau quelques jours plus tard : ça dérange les campagnols qui adore manger nos fleurs et nos légumes ; et au début du printemps contre les limaces.
Certains utilisent du plastique, rouleaux déroulés et fixés dans le sol. Efficace pour tuer tout végétal, certes. Chacun son truc, à vous de voir !

- page 1 de 2